Berger des shetland
À première vue, le shetland pourrait presque passer pour une version miniature du colley. Mais réduire cette race à une simple ressemblance serait passer à côté de son histoire. Né sur les îles Shetland, au nord de l’Écosse, ce chien de berger s’est forgé dans un environnement rude, où seuls les chiens agiles et résistants trouvaient leur place. Aujourd’hui, le berger des shetland a quitté les pâturages, mais il conserve une vraie polyvalence qui explique son succès bien au-delà de son territoire d’origine.
Pays d'origine
Îles Shetland (Écosse)
Gabarit
Petit
Moyen
Grand
Géant
Espérance de vie
En moyenne, un Berger des shetland a une espérance de vie de 12 à 14ans.
Prix d'achat moyen
Se trouve entre 800€ et 1800€.
Sommaire
Caractéristiques principales
Sportif
peu
beaucoup
Calme
peu
beaucoup
Chasseur
peu
beaucoup
Histoire
Le shetland trouve ses origines sur les îles Shetland, un archipel écossais situé entre l’Écosse et la Norvège. Dans cet environnement isolé, marqué par un climat rude, des vents forts et des ressources limitées, les chiens ont été sélectionnés avant tout pour leur efficacité au travail. Le shetland était utilisé comme chien de conduite et de garde des troupeaux, notamment de moutons et de poneys locaux, sur des terrains difficiles et souvent escarpés.
Sa petite taille n’est pas le fruit du hasard. Sur ces îles où la nourriture était rare, humains comme animaux ont évolué vers des formats plus compacts, un phénomène bien documenté chez plusieurs espèces domestiques. Le shetland devait être économe en énergie, agile et capable de travailler sur de longues périodes, tout en restant suffisamment dissuasif pour contenir le bétail.
Contrairement à une idée reçue, le shetland n’est pas un colley “miniature”. Bien qu’ils partagent des ancêtres communs, les croisements historiques ont impliqué plusieurs chiens de type berger, dont des chiens écossais et possiblement des spitz nordiques (comme le spitz japonais) apportés par les échanges maritimes. Cette diversité génétique contribue à sa capacité à s’adapter à des conditions de vie, des environnements et des rôles très différents.
À la fin du XIXe siècle, l’intérêt pour la race dépasse les îles Shetland. Le shetland est alors sélectionné plus finement, notamment au Royaume-Uni, avec une standardisation progressive de son apparence. La race est officiellement reconnue en 1909 par The Kennel Club et à titre définitif par la FCI (Fédération cynologique internationale) en 1964.
Aujourd’hui, le berger des shetlands est principalement un chien de compagnie, mais son histoire de chien de travail reste visible, tant dans sa morphologie que dans ses besoins physiques et mentaux, largement décrits dans la littérature vétérinaire moderne et les études de comportement canin.
Caractère berger des shetland
Les tendances comportementales généralement observées chez le shetland sont :
· Bonne capacité d’apprentissage. Le berger des shetlands apprend rapidement lorsque l’éducation est cohérente et bien structurée, ce qui explique sa présence fréquente dans les sports canins et les activités demandant concentration et précision.
(Serpell & Hsu, C-BARQ, 2003)
· Besoin réel de stimulation mentale et physique. Issu du monde du travail de troupeau, le shetland a besoin d’activités régulières pour rester équilibré, qu’il s’agisse de sorties dynamiques, de jeux de réflexion ou d’entraînements variés. (Wilson et al., C-BARQ, 2018)
· Tendance à aboyer pour signaler. Il peut avoir tendance à signaler ce qui sort de l’ordinaire par des aboiements, un comportement cohérent avec son rôle historique de chien de conduite et de surveillance des troupeaux.
(Duffy, Hsu & Serpell, Applied Animal Behaviour Science, 2008)
· Sensibilité aux méthodes éducatives. Le shetland répond mieux à des méthodes basées sur la récompense et la coopération, tandis que des pratiques trop dures peuvent générer du stress et freiner les apprentissages.
(Salonen et al., Frontiers in Veterinary Science, 2021)
· Variabilité individuelle marquée. Comme chez toutes les races, les comportements observés chez le berger des shetland dépendent autant de l’éducation, de l’environnement et des expériences de vie que des prédispositions liées à la sélection.
(Jeong et al., Nature, 2020)
Apparence berger des shetland
Type de pelage
Double poil : un poil de couverture long et droit et un sous-poil dense et doux. Une crinière fournie au niveau du cou, des franges sur les pattes et la queue.
Couleur du pelage
Fauve (zibeline/sable), bicolore (noir et blanc, bleu et blanc), tricolore (noir, blanc et feu), blue merle. Des marques blanches possibles au niveau de la collerette, la poitrine, des pattes et de l’extrémité de la queue).
Couleur des yeux
Marron foncé. Des yeux bleus ou yeux vairons (de couleurs différentes) possibles chez les chiens bleu merle (gris marbré).
Entretien berger des shetland
Derrière son pelage abondant, le berger des shetland n’est pas un chien particulièrement compliqué à entretenir, à condition de respecter la structure de son poil. Son entretien repose surtout sur un brossage régulier et une attention particulière lors des périodes de mue.
· Brossage régulier indispensable.
Un brossage 1 à 2 fois par semaine permet d’éliminer les poils morts et d’éviter la formation de nœuds, surtout au niveau de la collerette, de l’arrière des cuisses et derrière les oreilles. En période de mue, le brossage peut devenir quasi quotidien.
· Coupe des griffes à surveiller.
Les griffes doivent être coupées dès qu’elles ne s’usent plus naturellement, en particulier chez les chiens peu actifs.
· Entretien des oreilles et des dents.
Un contrôle régulier des oreilles permet de prévenir les irritations, tandis qu’un brossage des dents aide à limiter l’apparition de tartre.
· Pas de tonte du pelage.
Le poil du shetland joue un rôle de protection contre le froid comme contre la chaleur. Le tondre perturbe cet équilibre naturel et peut altérer durablement la repousse du poil.
Maladies berger des shetland
Comme toutes les races de chien, le berger des shetland présente certaines prédispositions à des maladies héréditaires ou plus fréquemment observées, dont la connaissance permet d’anticiper le suivi vétérinaire et de préserver sa santé sur le long terme :
· Maladies oculaires héréditaires : anomalie de l’œil du colley (AOC) et atrophie progressive de la rétine (APR).
Ces deux maladies héréditaires affectent la santé des yeux. L’anomalie de l’œil du colley correspond à un développement anormal de certaines parties de l’œil, tandis que l’atrophie progressive de la rétine provoque une perte de vision qui évolue avec le temps. Des examens vétérinaires et des tests génétiques permettent de les détecter et d’adapter la reproduction. (thèse R. C. Larsen; Wiik et al., PRA).
· Hypothyroïdie (désordre endocrinien). L’hypothyroïdie (insuffisance de la thyroïde) conduit à une fatigue, une prise de poids, un pelage terne et des problèmes cutanés. Le diagnostic repose sur des bilans sanguins spécifiques. Elle apparaît souvent chez les adultes d’âge moyen et peut être bien contrôlée par traitement substitutif. (revue épidémiologique, O’Neill et al.).
· Sensibilité médicamenteuse MDR1. La mutation MDR1 est une particularité génétique qui rend certains chiens intolérants à certains médicaments courants. Chez les chiens concernés, ces substances peuvent s’accumuler dans l’organisme et provoquer des effets indésirables parfois graves. Un test génétique permet de savoir si un chien est porteur et d’adapter les traitements vétérinaires en toute sécurité.
· Von Willebrand (trouble de la coagulation). Il s’agit d’un déficit en facteur de coagulation qui peut entraîner des saignements prolongés après blessure ou chirurgie. Des tests sanguins permettent d’identifier les porteurs et d’adapter les gestes chirurgicaux ou les traitements. (Pathak et al.; VGL données).
· Dermatomyosite familiale (maladie inflammatoire cutanéo-musculaire). Cette affection rare mais caractéristique de la race est une maladie auto-immune touchant principalement la peau, avec parfois une atteinte musculaire. Elle se manifeste par des lésions cutanées, notamment sur le nez, les oreilles et les membres. Le diagnostic et le suivi vétérinaire permettent d’adapter la prise en charge, en particulier chez les jeunes chiens. (American Shetland / littérature vétérinaire).
· Épilepsie idiopathique (peu fréquent).
L’épilepsie correspond à des crises neurologiques d’origine le plus souvent génétique chez certains chiens. Elles peuvent se traduire par des pertes de connaissance, des secousses ou des comportements inhabituels. Dans de nombreux cas, un traitement adapté permet de contrôler les crises et d’assurer une bonne qualité de vie au chien. (bases VNDD / études épidémiologiques).
· Mucocèle biliaire (accumulation visqueuse dans la vésicule biliaire). — Fréquence (rare à peu fréquent). La mucocèle biliaire correspond à une accumulation anormale de bile épaisse dans la vésicule biliaire. Cette affection peut devenir grave en cas de complication, comme une infection ou une rupture. Les signes sont variables, allant de la fatigue aux vomissements ou à une coloration jaunâtre des muqueuses. Le diagnostic repose sur l’imagerie vétérinaire et une prise en charge adaptée est mise en place selon la situation. (Frégis).
Dysplasie de la hanche. La dysplasie de la hanche est une malformation de l’articulation qui peut entraîner une boiterie ou une arthrose avec l’âge. Elle est relativement peu fréquente chez le berger des shetland, mais le dépistage des reproducteurs permet de limiter son apparition. La prise en charge dépend de la gravité et peut aller d’un suivi médical à une intervention chirurgicale. (AniCura / données cliniques).
Anecdote berger des shetland
S’il n’est pas une star de cinéma, le berger des shetland est en revanche une véritable célébrité des terrains de sport canin. Lors du prestigieux concours Crufts, souvent comparé aux Jeux olympiques du chien, les shetlands dominent régulièrement les épreuves d’agility. Leur taille, leur précision et leur capacité à enchaîner rapidement des obstacles en font des concurrents redoutables, au point que certains passionnés parlent même de “shetland agility style”.
Une reconnaissance venue du terrain, loin des effets de mode, qui illustre parfaitement le lien entre l’histoire de la race et ses aptitudes actuelles.