Springer spaniel
Le springer spaniel n’est pas un chien du genre « planplan ». Né en Angleterre pour accompagner les chasseurs sur le terrain, il a longtemps parcouru haies, champs et sous-bois sans compter les kilomètres. Résultat : une race qui aime bouger, explorer et collaborer avec l’humain. Son quotidien ne peut donc pas se résumer à un simple tour du pâté de maisons. Bref, le springer spaniel est un chien dynamique, toujours prêt à l’action… à condition de suivre la cadence !
Pays d'origine
Royaume-Uni
Gabarit
Petit
Moyen
Grand
Géant
Espérance de vie
En moyenne, un Springer spaniel a une espérance de vie de 12 à 14ans.
Prix d'achat moyen
Se trouve entre 800€ et 1200€.
Sommaire
Caractéristiques principales
Sportif
peu
beaucoup
Calme
peu
beaucoup
Chasseur
peu
beaucoup
Histoire
Le springer spaniel est l’un des plus anciens épagneuls britanniques. Ses origines remontent à plusieurs siècles, à une époque où les chiens de chasse n’étaient pas encore séparés en races bien distinctes. En Angleterre, on parlait alors d’« épagneuls terrestres », utilisés pour lever le gibier et le faire sortir de sa cachette, afin de faciliter le travail du chasseur.
Le terme springer vient du verbe anglais to spring, qui signifie « faire jaillir ». Le rôle de ce chien était clair : parcourir haies, fourrés et sous-bois pour déloger le gibier à plumes, avant même l’apparition des armes modernes. Contrairement aux chiens courants, le springer spaniel travaillait près de l’humain, en collaboration directe, ce qui a fortement influencé sa sélection au fil du temps.
Jusqu’au XIXᵉ siècle, les springer spaniel et les cocker spaniel pouvaient naître dans une même portée : les plus grands devenaient des springers, les plus petits des cockers. Ce n’est qu’à la fin des années 1800 que les deux types ont été officiellement séparés, avec des standards précis. Cette distinction sera ensuite entérinée au niveau international, puisque le springer spaniel est officiellement reconnu par la Fédération cynologique internationale en 1954, le Royaume-Uni étant désigné comme pays d’origine de la race.
Avec l’évolution des pratiques de chasse et des modes de vie, le springer spaniel a progressivement trouvé sa place de la chasse uniquement.
Les données issues de la littérature vétérinaire montrent que sa sélection historique pour l’endurance, la coopération avec l’humain et la mobilité reste très marquée aujourd’hui.
Cette histoire explique pourquoi le springer spaniel est un chien qui a besoin d’activité, de stimulation et d’un quotidien dynamique, bien au-delà de son simple héritage de chien de chasse.
Caractère springer spaniel
Comme pour toutes les races de chien, le springer spaniel présente certaines tendances comportementales, sans que cela définisse pour autant le caractère de chaque individu :
· Très actif et endurant. Le springer spaniel a été sélectionné pour travailler longtemps sur le terrain : il apprécie les longues sorties, le pistage et les jeux dynamiques plutôt que les journées calmes sur le canapé. (McCartney et al., « The Role of Life History and Familiarity in Performance of Working and Pet Dogs », Frontiers in Veterinary Science, 2024).
· Fort potentiel de travail et bonne capacité d’apprentissage. Les recherches indiquent que les springers, en particulier issus de lignées de travail, ont souvent de bonnes capacités d’apprentissage et apprécient des exercices structurés et cohérents. (Serpell & Hsu, « Effects of breed, sex, and neuter status on trainability in dogs », Anthrozoös, 2005 / études C-BARQ).
· Curiosité olfactive et goût pour la recherche. Historiquement chien leveur/rapporteur, il garde un intérêt marqué pour suivre des pistes et « chercher ». Une qualité utile en sports canins ou des activités de recherche olfactive, comme les jeux de flair, le pistage simple ou le mantrailing de loisir. (Hare et al., « Behavior Differences Between Search-and-Rescue and Pet Dogs », Frontiers in Veterinary Science, 2018).
· Très sociable, mais avec des variations individuelles. Beaucoup de springers sont très tournés vers l’humain et aiment collaborer avec eux. Cependant, le tempérament varie fortement selon l’éducation, la socialisation et la lignée (show vs field). (Duffy, Hsu & Serpell, « Breed differences in canine aggression », Applied Animal Behaviour Science, 2008).
· Sensible aux méthodes d’éducation : privilégier le renforcement positif. Les études comportementales montrent que les chiens performants et sensibles réagissent mieux à un entraînement calme et cohérent ; les méthodes dures augmentent le stress et nuisent à l’apprentissage. (Serpell & Hsu, 2005; études C-BARQ sur trainabilité).
· Différences selon les lignées (field vs show). Les chiens qui comprennent vite peuvent aussi être plus sensibles au stress : des méthodes douces et cohérentes favorisent donc leur apprentissage, tandis que les pratiques brutales ont l’effet inverse. (Reisner et al., « National survey of owner-directed aggression in English Springer Spaniels », J Am Vet Med Assoc., 2005).
· Besoin régulier de stimulation mentale. Sans activités adaptées (jeux d’odorat, apprentissages, sports), certains springer peuvent s’ennuyer et développer des comportements indésirables ; la prévention passe par des routines de jeux et des stimulations quotidiennes. (Dale et al., « Canine separation-related behaviour at six months of age », Scientific Reports/Frontiers-related studies, 2024 / recherches sur les facteurs de risque comportemental).
Apparence springer spaniel
Type de pelage
Mi-long, serré, droit ou légèrement ondulé.
Couleur du pelage
Blanc associé au noir ou au foie (marron), parfois avec des marques feu, et peut aussi se présenter en version roan (mélange de poils blancs et colorés).
Couleur des yeux
Noisette foncé.
Entretien springer spaniel
Le springer spaniel a un pelage fonctionnel, fait pour l’extérieur et les terrains humides. Son entretien reste accessible, mais demande de la régularité, notamment à cause des franges, des oreilles tombantes et de son mode de vie souvent actif :
· Brossage régulier : 2 à 3 fois par semaine pour éviter les nœuds, surtout sur les franges (oreilles, pattes, ventre), et plus souvent en période de mue.
· Perte de poils modérée mais continue : le springer spaniel perd des poils toute l’année, avec des pics au printemps et à l’automne.
· Entretien des oreilles indispensable : ses oreilles tombantes favorisent l’humidité ; un contrôle et un nettoyage réguliers aident à limiter les otites.
· Coupe des griffes : à vérifier toutes les 3 à 4 semaines, surtout chez les chiens qui marchent peu sur sol dur.
· Toilettage léger plutôt que coupe : on privilégie l’égalisation des franges et l’hygiène (pattes, oreilles), sans raser ni transformer le pelage.
Maladies springer spaniel
Les principales maladies auxquelles le springer spaniel est prédisposé sont :
· Les otites et infections d’oreille. Les longues oreilles tombantes et un pelage souvent humide favorisent l’accumulation d’humidité et de débris dans le conduit auditif. Résultat, les otites sont fréquentes si on ne contrôle pas régulièrement oreilles et hygiène. Surveillez rougeurs, secousses de tête et odeur.
· Les problèmes de peau et des sensibilités (allergies, malassezia). Les springer peuvent être plus sensibles aux dérangements cutanés : allergies (pollen, acariens, alimentation) ou prolifération de levures (Malassezia) entraînent démangeaisons, rougeurs et otites secondaires. Identifier la cause (tests, régime, gestion environnementale) est clé. (AniCura — dermatologie).
· L’arthrose et lésions orthopédiques liées à l’activité (incl. coude/ligaments). En tant que race active, les springer exposés à un exercice physique de fort exercice ou présentant des conformations articulaires à risque peuvent développer des problèmes au niveau du coude, des ligaments croisés ou de l’articulation entraînant de l’arthrose. La prévention (poids, musculation adaptée, dépistage) tient un rôle très important. (Wiles et al., études épidémiologiques sur prévalence des troubles musculo-squelettiques).
· La dysplasie de la hanche (et arthrose secondaire). La dysplasie est une mauvaise congruence de l’articulation de la hanche qui peut évoluer vers l’arthrose. Chez les springers, comme chez beaucoup de races actives, un dépistage radiographique préventif permet d’anticiper et de mieux gérer le risque. (Wiles et al., « Large-scale survey to estimate the prevalence of disorders »).
· Problèmes oculaires héréditaires (PRA / dystrophies rétiniennes). Bien que peu fréquentes, certaines mutations génétiques (dont RPGRIP1 / cord1) peuvent mener à une dégénérescence rétinienne progressive entraînant une diminution de la vision nocturne puis une perte plus large de la vue chez les chiens affectés. Le dépistage génétique/ophtalmologique permet un suivi précoce. (Kwok et al., « Delayed-onset cord1 progressive retinal atrophy »).
· Déficit en phosphofructokinase (PFK). Maladie génétique rare mais spécifique de la race, cette anomalie empêche certaines cellules (muscles, globules rouges) d’utiliser correctement le glucose, provoquant intolérance à l’effort, urine foncée après l’exercice et anémie hémolytique par poussées. Un test génétique permet d’identifier les animaux porteurs et affectés afin de les écarter de la reproduction. (Giger et al., « PFK deficiency in English springer spaniels », PubMed 1986).
Anecdote springer spaniel
L’un des springer spaniel les plus célèbres est Millie, la chienne du président américain George H. W. Bush. Arrivée à la Maison-Blanche à la fin des années 1980, Millie est devenue une véritable célébrité après la publication d’un livre racontant la vie quotidienne à la présidence… vue à hauteur de chien. Le livre y décrit son quotidien entre les jardins présidentiels, le Bureau ovale et les coulisses très réglementées du pouvoir… de son point de vue.
Quelques mois plus tard, Millie attire encore l’attention pour une raison inattendue : elle met au monde six chiots directement à la Maison-Blanche. L’événement est largement relayé, au point qu’un des chiots, baptisé Spot, deviendra lui aussi un chien présidentiel !